Predisurge développe des solutions logicielles prédictives pour les opérations cardiovasculaires en concevant des jumeaux numériques des organes cibles. Bruno Virieux, directeur général de Predisurge, répond à nos questions.

Comment est née l’idée d’un outil de simulation d’intervention chirurgicale ?

Bruno Virieux. Tout est parti de l’insatisfaction du professeur Jean-Noël Albertini, chirurgien vasculaire et cofondateur de Predisurge. Pour planifier une opération, les chirurgiens n’avaient que leur tableau blanc pour dessiner les organes et établir leur stratégie. En lien avec l’École des mines de Saint-Étienne, nous avons créé PlanOp, une solution capable de planifier une opération en se basant uniquement sur les informations disponibles, à savoir l’imagerie médicale préopératoire, qui est standardisée et obligatoire partout dans le monde.

Quelles sont les technologies au cœur de votre solution ?

Deux briques majeures : le jumeau numérique et l’intelligence artificielle. Nous sommes capables de transformer l’imagerie scanner en un modèle numérique 3D de l’organe du patient, dans toute sa complexité. Ensuite, nous fusionnons ce modèle avec le jumeau numérique du dispositif médical utilisé, pour simuler son déploiement dans le corps du patient. L’IA intervient pour analyser les images, prédire les risques et classifier les cas selon leur complexité.

Pourquoi avoir choisi de vous concentrer sur la chirurgie cardiovasculaire ?

Les maladies cardiovasculaires représentent un tiers de la mortalité mondiale, plus que tous les cancers réunis. Ce marché n’a rien d’une niche : il est structuré autour d’une cinquantaine de fabricants majeurs et les chirurgiens opèrent de façon assez homogène partout dans le monde. Cela rend la technologie très transposable, même s’il faut s’adapter aux réglementations régionales.

Les chirurgiens opèrent de façon assez homogène partout dans le monde. Cela rend la technologie très transposable

À ce sujet, comment garantissez-vous la confidentialité des données de santé ?

En France, nous respectons les règles concernant l’hébergement de données de santé et la certification ISO 27001. Pour chaque zone géographique, nous dupliquons l’infrastructure localement. Par exemple, aux États-Unis, nous avons une infrastructure spéciale et conforme à la réglementation HIPAA.

Vous avez mentionné un dispositif médical. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous entrons au cœur de la technologie. Il s’agit d’une technologie brevetée qui nous permet de simuler l’intervention chirurgicale. Nous allons déployer le dispositif numériquement dans le jumeau de l’organe du patient. Tous nos dispositifs sont marqués CE ; à ce jour, notre offre en contient trois.

Quels sont vos projets à venir ?

Nous poursuivons notre déploiement international et visons à nous étendre aux États-Unis. Nous continuons aussi d’enrichir notre technologie pour intégrer davantage de paramètres mécaniques et biologiques, afin de tendre vers une simulation chirurgicale toujours plus fine.

Propos recueillis par Sasha Alliel