La medtech marseillaise Rofim, fondée en 2018, poursuit son développement avec une levée de 10 millions d’euros. L’opération associe ses investisseurs historiques – Banque des Territoires, Orange Ventures Impact et Région Sud Investissement – et deux nouveaux entrants, CAAP Création (Crédit Agricole Alpes Provence) et Buena Vista Capital. Elle intervient quatre ans après un premier tour de 5 millions d’euros réalisé en 2021.

Rofim commercialise une plateforme de télémédecine hospitalière intégrant téléexpertise, réunions de concertation pluridisciplinaire, téléconsultation, messagerie sécurisée et partage d’imagerie. Utilisée par 70 000 professionnels de santé dans 1 700 établissements en France et à l’international, elle vise à fluidifier les parcours de soins, accélérer l’orientation vers les spécialistes et désengorger les hôpitaux. À titre d’exemple, l’Hôpital Européen de Marseille s’appuie sur la solution pour organiser ses téléexpertises. La plateforme est aussi utilisée dans le cadre de travaux de recherche. Une étude publiée en janvier 2024 dans l’Orphanet Journal of Rare Diseases mentionne son rôle dans la prise en charge de patients adultes atteints d’amyotrophie spinale.

Financer l’innovation

Comme le rapporte La Tribune région Sud, la levée doit permettre d’intensifier l’expansion internationale de la société, déjà amorcée dans douze pays, avec un accent mis sur l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne. Ce tour de table marque aussi une nouvelle séquence pour l’entreprise, qui prévoit de porter ses effectifs à 50 collaborateurs d’ici la fin de l’année. Rofim mise aussi sur l’intégration de l’intelligence artificielle sémantique, développée en partenariat avec l’Université d’Avignon, pour aider les médecins et soignants à rechercher plus rapidement des informations médicales dans les dossiers et à réduire le temps consacré aux tâches administratives.

La cofondatrice Émilie Mercadal a rappelé, en tant qu’ambassadrice de la French Care pour la région Sud, la nécessité de décloisonner les acteurs publics et privés et de valoriser les initiatives locales pour renforcer l’adoption des innovations en santé

De son côté, TICsanté, service d’information pour les professionnels de l'informatique en santé, dans son édition du 23 septembre, annonce l’arrivée fin septembre de Sana, nouvelle messagerie de la medtech pensée comme une alternative sécurisée et professionnelle aux outils de communication grand public.

Un tour de table salué par l’écosystème

La levée a suscité plusieurs réactions. Sur LinkedIn, Yannick Menel, Country Manager de Future4Care France, a souligné que, malgré une baisse du financement de la santé en France, "des projets solides, réellement utiles aux patients et soutenus par une vision claire continuent de gagner la confiance des investisseurs". Emilie Royere, directrice générale du cluster Eurobiomed, estime de son côté que l’innovation [que représente la plateforme] portée par Rofim est critique pour améliorer la vie des patients et des soignants.

Ce même 23 septembre, lors de l’événement BIG de Bpifrance à l’Accor Arena, la cofondatrice Émilie Mercadal a rappelé, en tant qu’ambassadrice de la French Care pour la région Sud, la nécessité de décloisonner les acteurs publics et privés et de valoriser les initiatives locales pour renforcer l’adoption des innovations en santé.

Cette levée de fonds doit permettre à Rofim de consolider sa place sur le marché français et de donner un nouvel élan à ses ambitions européennes, avec un objectif de 16 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028.

Pierre Derrouch

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